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Le plomb dans l’eau potable

Le plomb dans l’eau : quoi faire? Feuillet d'information

Le 23 octobre 2019, le gouvernement du Québec annonçait qu’il modifierait l’encadrement réglementaire du plomb dans l’eau potable. La modification annoncée vise l’abaissement de la norme pour le plomb dans l’eau potable et les modalités d’échantillonnage applicables, de manière à prendre en compte les recommandations de Santé Canada publiées en mars 2019.

Pour de l’information au sujet du plomb dans l’eau potable à l’intention des citoyens, consultez le feuillet d’information préparé à cet effet.

Pour de l’information générale sur le plomb dans l’eau potable, ou pour connaître la réglementation québécoise en la matière et les mesures qui peuvent être prises par les responsables de systèmes de distribution, consultez les questions et réponses regroupées selon les thèmes suivants :


Le plomb en général et sa présence dans l’eau potable

Le plomb en général et sa présence dans l'eau potable

Q. Quels sont les effets du plomb sur la santé?

R. Le plomb est un métal reconnu pour avoir des effets néfastes à long terme sur la santé. Bien qu’aujourd’hui, l’exposition au plomb soit considérée comme très faible, les autorités de santé publique recommandent de maintenir les efforts visant à la diminuer autant que possible.

Au Québec, les risques pour la santé de la population liés à une exposition au plomb sont rares, mais les fœtus, les nourrissons et les jeunes enfants sont plus sensibles aux effets du plomb. Pour en savoir plus, consultez la page Effets du plomb sur la santé.

Q. Quelles sont les sources d'exposition au plomb?

R. Le plomb est un métal présent à l’état naturel dans notre environnement. Au Canada, depuis les années 1970, les mesures prises par les gouvernements ont permis de réduire de plus de 70 % l'exposition de la population au plomb. Des lois et règlements limitent notamment la concentration en plomb dans l'essence et la peinture.

Toutefois, celui-ci peut être encore présent dans l’air, le sol, la peinture des anciennes demeures, les aliments, des produits de consommation et certaines composantes de la plomberie.

Pour en savoir davantage, consultez la page Réduire son exposition au plomb.

Q. Comment le plomb peut-il se retrouver dans l'eau potable?

R. Généralement, le plomb n’est pas présent dans l’eau distribuée par les systèmes de distribution. Toutefois, la dissolution du plomb présent dans certaines composantes de la plomberie fait en sorte qu’on peut parfois en trouver dans l’eau du robinet.

  • Des entrées de service en plomb (tuyaux de raccordement entre le bâtiment et le système de distribution) ont été installées pour raccorder des maisons et de petits immeubles à logements, particulièrement durant les années 1940-1955, et même jusque dans les années 1970. L'utilisation des entrées de service en plomb a été interdite par le Code national de la plomberie en 1980.
  • Les soudures dans la plomberie interne des bâtiments peuvent aussi être une source de plomb dans l’eau potable. Le Code national de la plomberie a interdit l'utilisation de soudures contenant plus de 0,2 % de plomb en 1989. Avant cette date, on pouvait y trouver jusqu’à 8 % de plomb.
  • Les accessoires de plomberie, comme la robinetterie et les compteurs d’eau, peuvent également être des sources de plomb dans l’eau. Utiliser des accessoires de plomberie certifiés selon les normes ANSI/NSF 61, BNQ 3660-950 ou ANSI/NSF 372 permet de limiter la présence de plomb dans l’eau du robinet.

Par ailleurs, la présence de plomb dans l’eau du robinet dépend également de la nature de l’eau distribuée et de son utilisation. En effet, la concentration de plomb dans l'eau du robinet est influencée par la capacité de l’eau à favoriser sa dissolution (agressivité et température de l’eau). La concentration de plomb dépend aussi de la durée de stagnation de l'eau dans les conduites avant l’ouverture du robinet et du temps où on laisse couler l'eau avant de remplir son verre.

Q. Où retrouve-t-on des entrées de service en plomb au Québec?

R. Selon l’information dont le Ministère dispose, des entrées de service en plomb sont susceptibles d'avoir été installées dans la majorité des régions du Québec jusqu'en 1955, jusqu’en 1967 dans la région de Montréal et jusqu'en 1971 dans la région des Laurentides. Un rapport commandé par le Ministère en 1994 évaluait ce nombre à 100 000 dans les municipalités du Québec, en excluant Montréal.

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La réglementation québécoise relative au plomb dans l'eau potable

Q. Comment vérifie-t-on le plomb dans l'eau potable au Québec?

R. D’importantes modifications au Règlement sur la qualité de l’eau potable, en lien avec le contrôle du plomb, sont entrées en vigueur en 2013. Ces modifications portaient principalement sur le nombre d’échantillons à prélever et sur les sites où ces prélèvements doivent être réalisés. Aux fins de contrôle du plomb, tout responsable d’un système de distribution d’eau potable, alimentant plus de 20 personnes, doit procéder au prélèvement d’échantillons d’eau mise à la disposition des utilisateurs entre le 1er juillet et le 1er octobre de chaque année. Depuis 2013, pour les systèmes desservant des résidences, entre 2 et 50 échantillons sont requis annuellement selon le nombre de personnes desservies.

Le Règlement édicte des normes relatives à l'eau potable pour plus de 80 paramètres. Depuis 2001, la norme pour le plomb est établie à 0,01 mg/L (10 µg/L). Cette norme correspond à la Recommandation pour la qualité de l’eau potable au Canada publiée par Santé Canada en 1992. Afin de prendre en compte la nouvelle recommandation préparée par Santé Canada en collaboration avec le Comité fédéral-provincial-territorial sur l’eau potable, auquel le Québec participe, le gouvernement québécois a annoncé qu’il abaisserait la norme pour le plomb dans l’eau potable à 0,005 mg/L (5 µg/L). Entretemps, le Ministère demande aux municipalités responsables d’un système de distribution de considérer cette nouvelle valeur pour mettre en œuvre les interventions requises.

Dans le but d’aider les responsables de systèmes de distribution à répondre aux exigences du Règlement, à évaluer l’ampleur du problème lorsque des résultats montrent une concentration de plomb supérieure à la norme, à repérer les entrées de service en plomb qui pourraient être présentes sur leur système et à mettre en œuvre les solutions adaptées aux problèmes soulevés, un Guide d’évaluation et d’intervention relatif au suivi du plomb et du cuivre dans l’eau potable a été publié sur le site Web du Ministère.

Q. Comment les responsables de systèmes de distribution échantillonnent-ils l'eau des maisons ou des petits immeubles à logements?

R. Depuis 2013, comme les entrées de service en plomb sont la principale source de plomb dans l’eau potable, le Règlement établit que les échantillons doivent être prélevés au robinet de maisons ou de petits immeubles à logements susceptibles de comporter une entrée de service en plomb.

Afin de prendre en compte les plus récentes recommandations de Santé Canada, le gouvernement québécois a annoncé que l’échantillonnage réalisé après une période de 30 minutes de stagnation serait exigé dès l’application du Règlement. Entretemps, le Ministère demande aux municipalités responsables d’un système de distribution de considérer ce nouveau protocole d’échantillonnage pour le contrôle du plomb dans l’eau potable.

Q. Qui doit être informé lorsqu’un échantillon d’eau potable, prélevé par le responsable d’un système de distribution, dépasse la norme pour le plomb?

Lorsque le laboratoire accrédité par le Ministère constate qu’un résultat d’analyse de plomb dans l’eau potable est supérieur à la norme, il doit informer dans les meilleurs délais le responsable du système de distribution, le Ministère et la direction régionale de santé publique concernée. Le responsable du système doit ensuite communiquer avec le Ministère et la direction régionale de santé publique et les informer des mesures qu’il prévoit prendre pour protéger les utilisateurs contre les risques encourus et localiser les entrées de service en plomb.

De plus, tous les responsables de systèmes de distribution desservant une clientèle résidentielle doivent produire un bilan annuel de la qualité de l’eau potable. Ce bilan annuel doit notamment indiquer les mesures prises par le responsable lors du dépassement de l’une des normes du Règlement. Les municipalités responsables d’un système de distribution doivent afficher leur bilan annuel de la qualité de l’eau potable au bureau municipal et faire mention, dans leur bulletin municipal et sur leur site Web, de l’endroit où les utilisateurs peuvent se le procurer.

Q. Comment est surveillé le plomb dans l’eau des écoles et des garderies?

R. En vertu du Règlement, les responsables d’établissements desservant plus de 20 personnes, notamment les écoles et les garderies approvisionnées par leur propre puits, ont l’obligation de vérifier chaque année le plomb dans l’eau. Par ailleurs, les responsables de systèmes de distribution doivent faire analyser chaque année des échantillons pour le contrôle du plomb, en priorisant certains bâtiments raccordés à leur système, dont des établissements offrant des services à de jeunes enfants, comme les écoles et les garderies. Dans le cas d’un dépassement de la norme pour le plomb, le responsable de l’établissement doit prendre des mesures pour protéger les utilisateurs, trouver la source de plomb et mettre en œuvre les correctifs requis.

Comme le Règlement vise le contrôle de la qualité de l’eau distribuée, les contrôles qu’il prévoit ne visent pas à surveiller la concentration de plomb à chaque point d'eau de l’ensemble de ces établissements. De manière complémentaire au Règlement, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur et le ministre de la Famille ont demandé, à l’automne 2019, que la concentration de plomb soit vérifiée à chaque point d'eau dans les écoles et garderies du Québec.

Q. Comment vérifie-t-on que l’eau distribuée ne favorise pas la dissolution du plomb?

Les responsables de systèmes de distribution approvisionnés en eau de surface doivent mesurer le pH de l’eau qu’ils distribuent au moins quatre fois par année. Les responsables de systèmes qui ne sont pas visés par cette obligation peuvent, eux aussi, juger pertinent de réaliser ces mesures. Un pH plus acide peut favoriser la corrosion et la dissolution de certains métaux, comme le plomb, provenant d’une entrée de service ou de la tuyauterie résidentielle. À l’inverse, un pH légèrement basique peut avoir un effet bénéfique pour le contrôle de la corrosion et la diminution de la dissolution de ces métaux.

Selon le Règlement, si au moins deux résultats de pH se situent hors de la plage considérée comme acceptable (de 6,5 à 8,5), le responsable du système touché doit mettre en œuvre des mesures pour remédier à la situation et en informer le Ministère. En collaboration avec la direction régionale de santé publique, le Ministère peut recommander au responsable du système d’ajuster l’équilibre chimique de l’eau qu’il distribue.

L’équilibre chimique de l’eau dépend d’autres paramètres que le pH, comme l’alcalinité, la dureté et la température. C’est pourquoi le Guide d’évaluation et d’intervention relatif au suivi du plomb et du cuivre dans l’eau potable recommande l’analyse de ces paramètres afin de caractériser l’équilibre chimique de l’eau distribuée. D’autres outils peuvent être utilisés pour repérer des problèmes de corrosion dans le système de distribution, notamment l’indice de Langelier, l’indice de Larson, la concentration de l’inhibiteur de corrosion utilisé, le cas échéant, ainsi que la conductivité électrique.

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Les mesures que peuvent prendre les responsables de systèmes de distribution d’eau potable pour corriger la situation

Q. De quelle façon les responsables de systèmes de distribution doivent-ils évaluer l’ampleur de la problématique de plomb?

R. Lorsque les prélèvements, réalisés en application du Règlement, révèlent un dépassement de la norme pour le plomb, l’ampleur du problème doit être évaluée pour déterminer les interventions appropriées. Pour ce faire, le responsable du système de distribution doit prélever des échantillons à un nombre plus élevé de sites que ce qui est prévu par le Règlement et ajuster le protocole, afin d’échantillonner après 30 minutes de stagnation de l’eau.

Le chapitre 2 du Guide d’évaluation et d’intervention relatif au suivi du plomb et du cuivre dans l’eau potable traite spécifiquement de la manière dont doit être évaluée l’ampleur du problème par le responsable du système de distribution d’eau potable.

Q. Quelles actions peuvent être mises en œuvre pour corriger la situation?

R. Deux principales actions peuvent être mises en œuvre par le responsable d’un système de distribution pour corriger la situation, soit la correction de l’équilibre chimique de l’eau distribuée et le remplacement des entrés de service en plomb. Les éléments à prendre en considération, les étapes à suivre et les délais à respecter dans la préparation d’un plan d’action sont précisés dans le chapitre 3 du Guide d’évaluation et d’intervention relatif au suivi du plomb et du cuivre dans l’eau potable.

Corriger l’équilibre chimique de l’eau distribuée
Lorsque l’ampleur de la problématique de plomb est suffisamment importante, une intervention sur l’ensemble du système de distribution est justifiée. Dans ce cas, le responsable devra préparer un plan d’action afin de corriger l’équilibre chimique de l’eau distribuée et le déposer auprès du Ministère et de la direction régionale de santé publique. Ce plan d’action devra indiquer de quelle façon la qualité de l’eau sera modifiée pour rétablir son équilibre chimique et diminuer la corrosion. Cette correction peut viser à se rapprocher du pH d’équilibre de l’eau, peut impliquer l’ajout d’un inhibiteur de corrosion ou toute autre intervention propre à remédier à la situation.

Toutefois, comme l’atteinte de l’équilibre chimique de l’eau distribuée peut prendre quelques années, les effets bénéfiques attendus de ces actions sur la diminution de la corrosion ne sont pas immédiats. Il est à noter que la mise en place d’un nouveau système de traitement doit être autorisée par le Ministère en vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement.

Remplacer les entrées de service en plomb
Lorsque la présence d’entrées de service en plomb constitue la cause principale des concentrations de plomb supérieures à la norme dans l’eau du robinet, leur remplacement doit être planifié par les responsables de systèmes de distribution dans le cadre d’un programme progressif. Comme une portion de l’entrée de service appartient au responsable du système et que l’autre appartient au propriétaire de la maison ou de l’immeuble à logements, le remplacement des deux portions de l’entrée de service en plomb devrait être effectué simultanément pour assurer la résolution définitive du problème. En effet, le remplacement d’une portion seulement de l’entrée de service peut maintenir la concentration de plomb dans l’eau ou favoriser la corrosion galvanique (effet provoqué par le contact de deux matériaux différents), ce qui augmenterait temporairement la concentration en plomb dans l’eau du robinet.

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